Recherches en Philosophie de la Biologie

Mes travaux de recherche s’inscrivent en philosophie de la biologie, à l’interface des sciences du vivant, de la philosophie des sciences et de l’ontologie contemporaine. Ils prennent pour point de départ une difficulté persistante des sciences biologiques : penser la vie autrement que comme une simple collection d’organismes ou de mécanismes, sans pour autant la réduire à une entité abstraite ou purement métaphysique et ce, selon deux axes principaux :

  1. Élaborer et éprouver le concept d’individuation du vivant comme outil théorique pour la recherche scientifique : L’axe central de cette recherche consiste en une élaboration philosophique rigoureuse, en examinant dans quelle mesure l’individuation biologique peut constituer un outil ou un cadre opératoire pertinent pour la recherche scientifique. L’enjeu n’est pas de plaquer une théorie philosophique sur les sciences du vivant, mais d’évaluer sa capacité à structurer l’analyse de phénomènes biologiques concrets et à dialoguer avec des pratiques de recherche effectives. Cette démarche vise à substituer aux cadres substantialistes classiques une ontologie relationnelle des processus, dans laquelle le vivant est compris comme une dynamique de constitution historiquement située, intégrant une dimension existentielle irréductible à la seule organisation fonctionnelle.

  2. Articuler recherche en écologie appliquée et philosophie de la biologie : Parallèlement à ce travail conceptuel, mes travaux s’orientent également vers une recherche plus appliquée en écologie, en particulier autour des dynamiques de communautés, des systèmes écologiques complexes et des formes d’individuation distribuée à l’échelle des milieux. Cette dimension empirique ne constitue pas un champ séparé, mais un terrain d’épreuve et d’enrichissement des cadres théoriques développés en philosophie de la biologie.

L’objectif général est ainsi double : élaborer un concept philosophiquement cohérent de l’individuation du vivant, et en éprouver la fécondité à la fois dans la recherche scientifique théorique et dans des contextes empiriques, notamment écologiques, où les phénomènes d’interdépendance et de pluralité des formes de vie se donnent avec une acuité particulière.