Recherches en Ecologie Appliquée 

Cette page présente les terrains et milieux à partir desquels se déploie mon activité en écologie appliquée, principalement en contexte urbain et périurbain. Ces travaux sont menés dans le cadre du Laboratoire d’Écologie Appliquée (LEA) de la Haute Ecole Lucia de Brouckère, au sein duquel s’articulent recherche appliquée, expertise écologique et activités de formation. Les terrains ne sont pas envisagés ici comme de simples sites d’étude ou d’intervention, mais comme des milieux-problèmes où se croisent dynamiques écologiques, contraintes sociales, choix d’aménagement et formes de coexistence avec le vivant.

Mon approche articule analyses de terrain, diagnostics écologiques et réflexion théorique, avec une attention particulière portée à la conservation de la nature en milieux anthropisés, à la perception du vivant dans l’environnement urbain et à l’étude de la santé des écosystèmes, notamment à travers des diagnostics phytosanitaires. Les sections qui suivent décrivent les principales dimensions de ce travail, conçues comme complémentaires : compréhension des milieux, analyse des dynamiques écologiques, interprétation des états de santé et transmission de ces enjeux dans des contextes de formation et de sensibilisation.

Laboratoire d’Ecologie Appliquée, HELdB

Terrains d’écologie appliquée : Milieux urbains et périurbains

Mon travail en écologie appliquée s’ancre principalement dans l’étude de milieux urbains et périurbains, caractérisés par une forte anthropisation, une fragmentation des habitats et des usages multiples. Ces terrains incluent notamment des parcs et campus, des vallées urbaines, des boisements enclavés, des friches et des espaces verts intégrés aux tissus bâtis. Ils constituent des milieux ordinaires, souvent sous-estimés dans les politiques de conservation, mais pourtant centraux pour comprendre les dynamiques contemporaines du vivant.

Marais Biestbroeck, Bruxelles Anderlecht

Scheutbos, Bruxelles Molenbeek

Ces terrains sont abordés comme des systèmes écologiques complexes, soumis à des pressions multiples — aménagement, fréquentation humaine, pollution, modification des sols et des régimes hydriques — qui affectent à la fois la biodiversité, la structure des milieux et leur capacité de résilience. L’analyse porte moins sur des états figés que sur des dynamiques de transformation : continuités et discontinuités écologiques, trajectoires de dégradation ou de stabilisation, conditions de maintien ou de réapparition de formes de vie diversifiées.

Dans cette perspective, les terrains étudiés ne sont pas conçus comme de simples supports d’intervention technique, mais comme des lieux d’observation et de diagnostic permettant d’articuler données écologiques, lecture systémique des milieux et enjeux sociaux liés à l’usage et à la perception du vivant. Cette approche vise à rendre compte des conditions concrètes dans lesquelles se joue aujourd’hui la conservation de la nature en milieu urbain, en tenant compte à la fois des contraintes écologiques et des réalités sociales et territoriales.

Conservation de la nature en contexte urbain : Coexistence, continuités écologiques et aménagement du territoire

La conservation de la nature en contexte urbain constitue un axe central de mon activité en écologie appliquée. Elle est abordée non comme la préservation d’espaces isolés ou la restauration d’un état naturel idéalisé, mais comme un problème de coexistence entre les sociétés humaines et le vivant dans des milieux profondément transformés. Cette perspective conduit à interroger les conditions concrètes dans lesquelles des formes de biodiversité peuvent se maintenir, se transformer ou réapparaître au sein de territoires urbanisés.

Une attention particulière est portée aux effets des choix d’aménagement du territoire sur les dynamiques écologiques des milieux : fragmentation des habitats, rupture ou maintien des continuités écologiques, modification des sols et des régimes hydriques, intensification des usages. Ces facteurs influencent directement la structure des écosystèmes, leur intégrité et leur capacité à soutenir des communautés biologiques diversifiées. L’analyse vise à mettre en évidence les tensions et arbitrages inhérents à l’urbanisation, ainsi que les marges de manœuvre existantes pour favoriser des formes de cohabitation plus soutenables avec le vivant.

Dans ce cadre, la conservation est pensée comme un processus dynamique, inscrit dans des trajectoires territoriales et sociales, plutôt que comme un objectif figé. Elle implique de considérer conjointement les contraintes écologiques, les usages humains et les représentations du vivant qui orientent les décisions d’aménagement. Cette approche permet de situer la conservation urbaine à l’interface de l’écologie, de la planification territoriale et des enjeux sociaux, en mettant l’accent sur les conditions de possibilité d’une coexistence durable entre les milieux anthropisés et les formes de vie qu’ils abritent.

Biodiversité et dynamiques de milieux : Au-delà de l’inventaire

La biodiversité est abordée dans mon travail non comme un simple ensemble d’unités biologiques à recenser, mais comme une propriété émergente des milieux, résultant de dynamiques écologiques, historiques et territoriales. Si les inventaires constituent des outils nécessaires, ils ne suffisent pas à rendre compte des processus qui conditionnent la présence, l’absence ou la transformation des formes de vie dans les milieux urbains et périurbains. L’analyse se déplace ainsi de la seule description des composantes biologiques vers la compréhension des dynamiques qui structurent les écosystèmes.

Cette approche privilégie l’étude des trajectoires de milieux : dégradations progressives, stabilisations relatives, dynamiques de recolonisation ou de restauration. Elle vise à identifier les facteurs — écologiques, environnementaux et anthropiques — qui influencent la diversité biologique dans le temps, ainsi que les seuils au-delà desquels certaines formes de biodiversité deviennent difficilement soutenables. La biodiversité est alors comprise comme un indicateur sensible de l’état des systèmes écologiques et de leur capacité à maintenir des formes d’organisation vivantes diversifiées.

En contexte urbain, cette lecture dynamique permet d’articuler biodiversité, intégrité des milieux et usages humains. Elle conduit à considérer la diversité biologique non comme un objectif isolé, mais comme l’expression de conditions écologiques plus larges, liées à la structure des habitats, aux continuités écologiques et aux interactions entre organismes et environnement. Ce cadre d’analyse offre ainsi un point d’appui pour penser la conservation et la gestion des milieux à partir des processus qui rendent la biodiversité possible, plutôt qu’à partir de ses seules manifestations visibles.

Santé des écosystèmes et diagnostics phytosanitaires : Stress, résilience et indicateurs biologiques

L’étude de la santé des écosystèmes constitue un cadre transversal de mon activité en écologie appliquée. La santé n’y est pas envisagée comme un état normatif ou comme la simple absence de pathologies, mais comme une propriété systémique des milieux, résultant de l’ensemble des interactions entre organismes, composantes abiotiques, usages et pressions anthropiques. Elle renvoie à la capacité des systèmes écologiques à maintenir leurs fonctions, à absorber des perturbations et à évoluer sans perdre leur cohérence globale.

Dans cette perspective, les diagnostics phytosanitaires occupent une place centrale comme outils d’interprétation des dynamiques de milieux. L’observation de l’état de santé des végétaux, et en particulier des arbres et des peuplements végétaux en contexte urbain, permet d’identifier des stress biotiques et abiotiques liés aux conditions de sol, à la disponibilité en eau, à la pollution, aux contraintes mécaniques ou aux pratiques de gestion. Les plantes sont ainsi appréhendées comme des indicateurs écologiques sensibles, révélant des déséquilibres plus larges affectant les écosystèmes dans lesquels elles s’inscrivent.

Inscrite dans une lecture systémique, cette approche vise à relier les symptômes visibles aux processus écologiques sous-jacents et aux trajectoires des milieux. Elle permet de dépasser une expertise strictement technique pour proposer une compréhension intégrée de la santé des écosystèmes, attentive aux seuils de résilience, aux dynamiques de dégradation ou de restauration, et aux conditions d’une coexistence durable avec le vivant. Les diagnostics phytosanitaires deviennent ainsi des points d’entrée privilégiés pour éclairer les décisions en matière de gestion, de conservation et d’aménagement, en tenant compte de la complexité écologique des milieux urbains et périurbains.

Terrains, enseignement et transmission : Former par et sur les milieux

Les terrains et milieux étudiés constituent également des supports centraux de mon activité d’enseignement et de formation. L’écologie appliquée y est mobilisée comme une pratique située, qui permet de former à l’observation, au diagnostic et à l’analyse des systèmes écologiques en contexte réel. Les terrains deviennent ainsi des espaces pédagogiques à part entière, où s’articulent acquisition de connaissances scientifiques, compréhension des dynamiques écologiques et réflexion sur les enjeux contemporains de conservation et de coexistence avec le vivant.

Cette approche est mise en œuvre dans des formations liées à la gestion de l’environnement urbain, à l’architecture des jardins et du paysage, à l’écologie sociale ainsi que dans la formation initiale des enseignants. L’attention portée aux milieux concrets permet d’ancrer les apprentissages dans des situations écologiques effectives, tout en développant une capacité critique à analyser les interactions entre milieux, usages humains et décisions d’aménagement. Les terrains servent ainsi de médiation entre savoirs théoriques, pratiques professionnelles et enjeux sociétaux.

L’enseignement est enfin conçu comme un lieu de transmission élargie des enjeux écologiques, où la compréhension scientifique des milieux s’accompagne d’une réflexion sur la responsabilité environnementale et les manières d’habiter les territoires. En ce sens, les terrains et milieux ne sont pas seulement des objets d’étude ou d’expertise, mais des points d’appui pour former à une relation plus informée, attentive et durable au vivant.